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LE BÛCHER DE JACQUES DE MOLAY

LE BÛCHER DE JACQUES DE MOLAY, 11 OU 18 MARS 1314 ?

À l'issue du Concile de Vienne, les quatre principaux dignitaires de l'ordre, Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Charnay et Geoffroy de Gonneville, n'étaient pas concernés par les décisions de celui-ci. Le pape Clément V s'était réservé de régler leurs cas plus tard.

Le 22 décembre 1313, il chargea donc trois cardinaux non de juger mais de signifier la sentence aux quatre derniers dignitaires : Les trois cardinaux arrivent à Paris au début de mars 1314.

Depuis mars 1310, Molay, Charnay, Pairaud et Gonneville étaient emprisonnés à Gisors, dans le château royal devenu une prison d’État.

Parvis de Notre-Dame - Gravure du XVIIIe siècle
 

Devant la commission envoyée à Paris, les templiers renouvelèrent, une fois de plus, leurs aveux.

Le 18 (ou 11) mars 1314, ces cardinaux entourés du légat du pape le cardinal d'Albano, faisaient amener les accusés sur le parvis de Notre-Dame de Paris pour leur signifier publiquement la sentence définitive qu'ils avaient décidé de prendre à leur encontre. Les templiers furent installés sur une estrade et dans un silence impressionnant, la décision tomba : ils étaient condamnés « à la prison perpétuelle et sévère » !

Comprenant la situation, Molay, le dernier maître du Temple, se révolta. Malgré plus de six longues années de détention, il trouva suffisamment de force pour s'insurger contre l'hypocrisie de Philippe IV le Bel et du pape Clément V. Il confessa son erreur de jugement, sa tactique de défense et dénonça les tourments qu'il avait enduré.

Encouragé par les paroles du maître, Geoffroy de Charnay protesta également. En revenant sur leurs aveux, ces deux dignitaires connaissaient le sort réservé aux relaps : le bûcher.

Hugues de Pairaud et Geoffroy de Gonneville gardèrent le silence et acceptèrent la sentence : la prison à vie.

L’anonyme rédacteur de la continuation de Guillaume de Nangis, le plus précis parmi les sources contemporaines, nous relate l'événement :

Jacques de Molay par Fleury-François Richard (1777-1852)

« Le grand maître de l'Ordre des Templiers et trois autres templiers [...] avouèrent tous quatre ouvertement et publiquement les crimes dont on les accusait en présence de l'archevêque de Sens [Philippe de Marigny] et de quelques autres prélats et hommes savants en droit canon et en droit divin, assemblés spécialement pour ce sujet d'après l'ordre du pape, par l'évêque d'Albano et deux autres cardinaux, et auxquels fut donnée communication de l'avis du conseil des accusés. Comme ils persévérèrent dans leurs aveux, et paraissaient vouloir y persister jusqu'à la fin, après une mûre délibération, sur l'avis dudit conseil, ladite assemblée les condamna, le lundi après la fête de saint Grégoire, sur la place publique du parvis de l'église de Paris [Notre-Dame] à la réclusion perpétuelle. Mais voilà que, comme les cardinaux croyaient avoir définitivement conclu cette affaire, tout à coup deux des templiers, à savoir le grand maître de l'outre-mer et le grand maître de Normandie, se défendirent alors opiniâtrement contre un cardinal qui portait alors la parole et contre l'archevêque de Sens et, sans aucun respect recommencèrent à nier tout ce qu'ils avaient avoué, ce qui causa une grande surprise à beaucoup de gens ». (1)

Devant cette situation inédite, les cardinaux, pris de court, ne savent comment réagir et décident de renvoyer l'affaire au lendemain. Bien entendu, l'information arrive très vite à Philippe le Bel, qui une fois de plus, outrepasse ses droits et décide de se substituer à l'autorité pontificale. Il condamne à mort Molay et Charnay et ordonne, pour le soir même, leurs exécutions.

Reprenons la suite du récit du continuateur de Guillaume de Nangis :

« Les cardinaux les ayant remis entre les mains du prévôt de Paris alors présent, seulement pour qu'il les gardât jusqu'à ce que le jour suivant ils délibérassent plus complètement à leur égard, aussitôt que ces choses parvinrent aux oreilles du roi qui était alors dans le palais royal, il consulta avec les siens, et, sans en parler aux clercs, par une prudente décision, fit livrer aux flammes les deux templiers, vers le soir de ce même jour, dans une petite île de la Seine, située entre le jardin royal et l'église des frères ermites ».(2)

Le bûcher

Bûcher sur l'île aux Juifs

Pour l'emplacement du bûcher, voici la description d’Alain Demurger dans son livre Jacques de Molay - Le crépuscule des templiers : Le bûcher fut dressé sur un îlot au bout de l'île de la Cité, au-dessous des Jardins du Roi. Ce jardin s'arrêtait au Pont-Neuf actuel et la pointe formant l'actuel square du Vert-Galant n'existait pas encore. L'îlot n'appartenait pas au Roi mais à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Cet îlot était situé sur le côté des jardins du roi, à la place du quai des Orfèvres et de la place Dauphine actuelle et non à la pointe de la cité ; il sera appelé au XIVe siècle « Île aux Juifs ».

Pour la petite histoire, le chroniqueur Villani indique que certains spectateurs recueillirent les cendres de Molay avant qu'elles ne soient dispersées :

« Il faut noter que, dans la nuit qui a suivi le martyre du grand maître et de son compagnon, leurs corps et ossements furent recueillis comme saintes reliques par des frères et autres religieux, et mises à l'abri dans des lieux saints ». (3)

L'Île de la Cité en 1314.


Une autre date possible ?

Les autres chroniques du temps, Jean de Saint-Victor, Bernard Gui, les Grandes Chroniques de France, ne donnent qu'un récit très court de cette journée datée par certains du lundi après la Saint-Grégoire (soit le 18 mars).

Le chroniqueur Bernard Gui, plus fiable selon Alain Demurger, date cet événement, au lundi avant la Saint-Grégoire (soit le 11 mars). En 1314, la Saint-Grégoire tombait le mardi 12 mars.

Alors le 18 mars, date traditionnelle, ou le 11 mars ?

Toujours selon Alain Demurger, la précision chronologique habituelle de Bernard Gui et les habitudes de dation du temps pourraient donner raison à ceux qui tiennent pour le 11 mars.

(1) Chronique latine de Guillaume de Nangis de 1130 à 1300.., op. cit., t. 1, p.402 ; trad. F.Guizot, Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, op. cit., t. 13, p.299-300.

(2) Nangis, t. 1, p.402 ; Guizot, p.300-301.

(3) Cronica di G. Villani, t. II, Liv. VIII, chap. 92, p. 126-127.

Voir l'Article original sur : LE TEMPLE DE PARIS 

Avec nos remerciements à l'association TEMPLE DE PARIS : https://www.templedeparis.fr/

Photo de la Couverture : artiste LoBé   Laurent Bérenguier avec nos remerciements -> http://strip.over-blog.fr/

Jacque de Molay par LoBé

 

Jacques de Molay, le dernier des Templiers

EN MOURANT sur le bûcher un jour de mars 1314, sur la pointe de l’île de laCité à Paris, Jacques de Molay a perdu le combat pour la survie de son ordre. Mais par son sacrifice, le dernier grand maître des Templiers est entré dans lapostérité. Guillaume Apollinaire lui a consacré des vers superbes dans Alcools. Dans Les Rois maudits, Maurice Druon parle de la malédiction lancée parJacques de Molay sur le bûcher : « Pape Clément ! Chevalier Guillaume ! RoiPhilippe ! […] Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu’à la treizième générationde vos races ! »

Redécouvert au XIXe siècle notamment dans les cercles maçonniques, Jacquesde Molay forme aujourd’hui le « prototype du héros tragique », selon laformule de Philippe Josserand, qui lui consacre une biographie éditée aux Belles Lettres. Mais l’aura mythique du « dernier des Templiers » adurablement occulté l’homme qu’il fut, et sa vie avant son exécution tragique est finalement assez mal connue. Un terrain de recherche idéal pour ce maître de conférences en histoire médiévale à l’université de Nantes, ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud et docteur en histoire.Cette biographie est le mémoire de son dossier d’habilitation à diriger desrecherches, présenté à Lyon II, le 7 septembre dernier.

Querelle historiographique

Dans un texte dense, parfois aride - les notes de bas de page et labibliographie occupent près de la moitié de l’ouvrage -, Philippe Josserand dresse un portrait du templier « en trois dimensions ». Car si l’étude de sapostérité est incontournable, elle ne saurait occulter ni son parcours, ni sonoeuvre à la tête du Temple. Mais l’entreprise est difficile : les sources historiques contemporaines au grand maître se font rares. À tel point que les deux tiers de sa vie sont passés sous silence. On ne connaît ni sa date denaissance, ni le jour précis de son exécution, ni même celui de son élection à la tête du Temple qui apparaît comme advenue dans une lettre du 20 avril 1292. Ce qui a fait dire à certains historiens qu’avant son élection, l’homme n’avait pas particulièrement brillé au sein de l’ordre. Philippe Josserand conteste cette interprétation ; à la suite d’Alain Demurger, grand spécialiste du Temple, il soutient au contraire que l’homme avait fait ses preuves au service de l’Orient latin, notamment face à la menace Mamelouk.
Philippe Josserand conteste aussi les traits de caractère associés à Jacques de Molay. Tout un courant historiographique, lancé par Michelet et consolidé par d’autres, a fait passer le grand maître pour «hésitant», « faible » et «contradictoire», notamment face à ses accusateurs lors de «l’affaire du Temple». Dans la veine d’Alain Demurger, le chercheur soutient au contraireque le grand maître a défendu son honneur avec constance et n’a jamais minoré la menace qui pesait contre l’existence de son ordre. Accusé de crime contre la foi, Jacques de Molay a subi un procès où les revirements de sa défense s’expliqueraient plutôt par les méthodes employées contre lui par le pouvoir capétien. Ses aveux furent très probablement obtenus sous la torture, et s’il les a réitérés, par la suite, devant la justice pontificale, c’était dans l’espoir d’obtenir la protection du pape Clément V face à Philippe le Bel. Car dès le départ, l’affaire du Temple dépassait le cadre de l’ordre « pour mettre aux prises dans une lutte alors inouïe la royauté capétienne et la papauté », souligne le chercheur.

Le Temple fut dissous au concile de Vienne en octobre1311 par une mesure administrative, assortie d’aucune condamnation. Et c’est à ce prix que le pouvoir capétien prit définitivement l’ascendant sur la papauté en France.


 

 

Les Templiers, gardiens du destin

(Couplet 1)
Sous la bannière, croix d’honneur,
Ils marchent vers l’horizon lointain,
Des chants résonnent au cœur,
Gardiens des secrets anciens.
(Refrain)
Oh, chevaliers du temple sacré,
Votre courage gravé dans le temps,
Pour la justice, vous avez juré,
La lumière guide vos pas ardents.
(Couplet 2)
Dans les cités et dans les plaines,
Leur serment jamais ne faiblit,
La foi les porte, sur leurs chaînes,
Un éclat d’espoir, un cri.
(Refrain)
Oh, chevaliers du temple sacré,
Votre courage gravé dans le temps,
Pour la justice, vous avez juré,
La lumière guide vos pas ardents.
(Pont)
Mystère et gloire autour de vos noms,
Légendes gravées dans la pierre.
Votre héritage, un puissant frisson,
Qui traverse âges et poussière.
(Finale)
Sous les étoiles, vos âmes dansent,
Templiers, héros d’un autre monde,
Pour l’éternité, votre essence,
Brille dans l’histoire profonde.

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