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Le Trésor Templier de Figanières dans le VAR

Le trésor templier de Figanières est une légende locale. Elle est née après les visions d'une voyante dans les années 1980. Elle pensait que le trésor caché se trouvait sous le sol de la Chapelle des Pénitents Blancs.

La légende : Des rumeurs racontaient qu'un fabuleux trésor des Templiers (de l'or ou des objets sacrés) était caché dans le village.La réalité : Le village de Figanières a bel et bien un passé templier. C'était une dépendance de la puissante commanderie du Ruou, située à Villecroze.

Les faits : Les recherches n'ont jamais rien donné. En creusant pour trouver ce trésor fantôme, les fouilles ont saccagé et abîmé la chapelle. Le lieu a donc dû être fermé au public.

Aujourd'hui, l'association Histoire et patrimoine de Figanières et la Fondation du Patrimoine lancent des appels aux dons pour restaurer la chapelle.

Saccagée pour le trésor fantôme des Templiers après la vision d’une voyante, cette chapelle près de Draguignan attend sa résurrection

L’association Histoire et patrimoine de Figanières lance un appel aux dons, avec le soutien de la Fondation du patrimoine, pour réhabiliter la chapelle des Pénitents blancs victime d’une fouille sans scrupule à la recherche du légendaire trésor des Templiers. Et l’ouvrir à nouveau au public.

Le temps s’est arrêté net en 1988 pour la chapelle des Pénitents blancs de Figanières. Inutilisable depuis une opération de fouille sans précautions à la recherche du légendaire trésor des Templiers, l’édifice s’apprête enfin à renaître.

Un édifice cher aux Figaniérois

Avant d’être saccagée, il y a plus d’un siècle, la chapelle était le cœur battant de la bienfaisance locale. Elle abritait la confrérie des Pénitents blancs, « des laïques très pieux » qui assuraient un véritable « rôle de service social ». À une époque dépourvue d’assistance publique, « ils s’occupaient des indigents, des malades et des mourants », raconte Alain Artaud le secrétaire de l’association Histoire et patrimoine de Figanières.

Ensuite, la chapelle vit au rythme des habitants, qui l’ont connue « dans un excellent état jusqu’au début des fouilles ». Leur attachement est réel, beaucoup y ont suivi « l’enseignement du catéchisme et célébré des mariages et des communions ». Mais le lien est aussi généalogique. Les Pénitents blancs inhumés dans la chapelle « sont tous des ancêtres de toutes les vieilles familles du village », glisse Alain Laugier, président de l’association.

La fièvre d’un pseudo-trésor

Les éléments de menuiserie comme le tableau du retable seront restaurés.

Tout bascule à la fin des années quatre-vingt. Une voyante niçoise, Madame Maritza, se rend une première fois dans le village après avoir ressenti l’appel de Louis Michel, le voyant de Figanières décédé un siècle plus tôt. Sur place, elle s’assoit « par hasard sur le banc en pierre devant la maison dudit Louis Michel ». C’est alors qu’elle a une vision : « Un livre ouvert avec une écriture bizarre, entouré d’une grande masse métallique et de nombreux ossements sous la chapelle. » Persuadée d’être sur la piste d’un fabuleux magot, elle croise le chemin d’« un archéologue de Draguignan ». Tous deux sont convaincus d’être « en présence du trésor des Templiers », explique Alain Laugier.

Près de Grasse, il découvre de mystérieuses gravures dans sa maison et pense qu’elle a été occupée par des Templiers.
Jacques Belletini a découvert des éléments architecturaux et symboliques qui, selon lui, pourraient témoigner d’un passage des chevaliers du Temple.

Un massacre patrimonial au nom de l’or

Sous prétexte d’une simple fouille en quète d’informations, cet « archéologue », galvanisé par la découverte d’un trésor, obtient une autorisation officielle de procéder. L’opération a lieu du 2 décembre 1987 au 26 janvier 1988, et marque la fin de l’utilisation de la chapelle.

Et pour cause ! Bredouille, l’archéologue laisse les lieux sens dessus dessous.

Il rend d’ailleurs comme conclusion : « Cette fouille était limitée à une vérification d’information bien déterminée mais n’a pas apporté la confirmation de ce qui était espéré. »

L’état des lieux est édifiant : « Sol éventré, voûtes des caveaux crevées, mobilier et ornements démontés. » « Le drame, c’est que ça a été autorisé et sans aucune vérification », déplore Alain Artaud.

Le constat est amer : « Ceux qui ont fait ces travaux et tous ces dégâts n’étaient intéressés que par un trésor. Comme ils ne l’ont pas trouvé, le reste leur était totalement indifférent. » Face à ce « véritable désastre », le lieu est purement et simplement abandonné en vrac.

Le sommet des voûtes du caveau sera réparé et les ossements des Pénitents blancs y seront replacés. 

Heureusement ceux qui, obnubilés par l’or, ont creusé le sol « n’ont rien emporté. On a tout les morceaux, mais il faut le remonter comme un meuble en kit », ironisent Alain Laugier et Alain Artaud.

Aujourd’hui, l’heure est à la reconstruction. Un appel aux dons a donc été lancé avec la Fondation du patrimoine pour assurer une première phase de travaux, dont le coût est estimé à 35.000 euros.

L’objectif est de « remettre la chapelle visuellement dans l’état antérieur aux fouilles » et permettre « la visite du public à la fin de l’été 2027 ». Dans le détail, il s’agit dès cet été de « rétablir l’électrique et l’éclairage », puis à l’automne de « refermer les voûtes et sécuriser le sol ».

Au printemps prochain, un travail de menuiserie permettra de « remettre les bancs en état » et de « replacer le jubé historique ». Par chance le gros œuvre de la chapelle est préservé. Plus tard, une seconde phase permettra de restaurer les œuvres d’art complexes par des « professionnels agréés ». En particulier le retable et sa peinture grand format fin XVIIe qui « représente l’Annonciation ».
En 2011, lors d’un premier déblaiement des caveaux mené avec Paul Bailet, l’archéo-anthropologue de la communauté d’agglomération, l’association a exhumé les ossements de 81 Pénitents blancs inhumés sur place. Après avoir été étudiés, ces restes historiques ont pour vocation de retrouver leur dernière demeure. L’association souhaite les réinstaller dans les caveaux restaurés, où « ils reposeront dignement sous une grande plaque de verre éclairée ».

Ce projet de renaissance ravit le père Piotr Ilwicki, membre de l’association et curé de la paroisse depuis huit ans, également connu sous le nom de frère Julien pour son lien avec l’ordre de Saint-Jean-Baptiste. Et pour un retour aux célébrations et au culte une fois les lieux réhabilités, la réponse est immédiate : « Bien sûr, bien sûr ! Je pourrais aussi officier dans cette chapelle où beaucoup d’habitants ont déjà vécu des moments forts », assure le curé.

La quête, cette fois-ci ne semble pas être l’or mais plutôt la restitution d’une partie de son âme au village.

source : Var-Matin


Intervenir rapidement pour sauver la chapelle

À quelques kilomètres de Draguignan, au coeur du vieux village de Figanières, la chapelle des Pénitents Blancs est aujourd’hui fortement dégradée. Ancien lieu de culte et de réunion confraternelle, elle conserve encore les éléments caractéristiques de son usage passé, malgré leur altération. Ses voûtes fragilisées, son carrelage endommagé, sa grille descellée et son mobilier en désordre nécessitent une intervention urgente.

Une chapelle confraternelle au coeur du village

Probablement édifiée à la fin du XVIIe siècle sur des fondations médiévales, à proximité de l’église Saint-Michel, la chapelle des Pénitents Blancs témoigne de la vie religieuse et sociale des confréries d’autrefois. Elle servait à la fois de lieu de culte, de rassemblement, mais aussi de lieu d’inhumation dans ses deux cryptes. Son aménagement intérieur, encore lisible, est caractéristique, avec ses bancs disposés le long des murs latéraux et son jubé en bois séparant les pénitents des fidèles. À la suite de différentes campagnes de fouilles archéologiques, la chapelle a été fermée au public.

Un projet local porté par des bénévoles engagés

Les travaux de restauration, portés par la commune et l’association «Histoire et patrimoine de Figanières» se dérouleront en trois phases : remise aux normes de l’électricité et de l’éclairage, sécurisation des sols et des cryptes, puis restauration des éléments intérieurs, notamment le jubé, les lambris et les bois dorés.

Les bénévoles participent activement à ce chantier, contribuant à la réouverture et à la valorisation de ce témoin majeur de l’histoire locale et de la vie confraternelle. Une fois restaurée, la chapelle sera ouverte à la visite et intégrée au «Circuit du Patrimoine» du village, dont elle constituera l’une des pièces maîtresses. Des visites commentées seront proposées toute l'année aux élèves et au grand public, notamment lors des Journées Européennes du Patrimoine.

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